La musique capverdienne offre une grande variété de styles musicaux. L'archipel ne compte qu'un peu plus de 400 000
habitants, mais dispose de 4 à 5 radios diffusant la musique locale quasiment 24 heures sur 24. C'est dire la richesse de la discographie capverdienne. La morna est le genre musical le
plus connu; popularisée à l'étranger par Bana dans un premier temps puis par Césaria Evora avec un tout autre succès. La coladeira est une version plus
enjouée de la morna, et c'est encore la diva qui en a assuré la promotion hors de l'archipel. D'autres styles font profondément partie de la culture capverdienne et ne sont pas encore très connus
hors des frontières même si cela ne devrait tarder. Le funaná et le batuque sont caractéristiques de l'île de Santiago, tandis que la kola / sanjon vient de
l'île de Santo Antão. Longtemps confinés au milieu rural, il n'y a que deux décennies que ces rythmes ont réussi à conquérir les centres urbains, où ils ont progressivement subi des
transformations qui pourraient leur assurer un succès légitime à l'étranger.
FOCUS
Cesaria Evora
La musique de Cesaria Evora est diffusée à travers le monde; les récompenses et honneurs qu'elle reçoit font la fierté des capverdiens; jamais la musique de l'archipel n'a
intéressé autant de monde.
Mais la diva n'est pas issue d'une génération spontanée, elle est le fruit d'une culture musicale très ancienne, avec des racines et des influences remontant parfois à plusieurs siècles. Peuplé
par des européens et par des esclaves africains, le Cap-Vert est le pays du métissage. Dernière étape avant la grande traversée de l'Atlantique, l'archipel a attiré une multitude de bateaux
venant d'autant de pays, contribuant un peu plus à chaque passage au grand brassage des techniques, des mélodies, des thèmes et des rythmes.
Qu'elle soit venue d'Europe (fado, polka, mazurka, contredanse), d'Afrique puis du Brésil (samba, bossa) et plus récemment des Caraïbes (merengue, zouk), la musique a voyagé jusqu'au Cap-Vert
où les habitants étaient demandeurs. Au carrefour de quatre continents, les musiciens n'ont eu de cesser d'absorber, d'intégrer les découvertes qu'ils faisaient au gré des rencontres. Alors
qu'elle continue d'évoluer, cette musique reprend aujourd'hui son envol pour se faire connaître dans le monde entier.
La musique capverdienne remporte des succès qui ne se limitent pas à ceux de Cesaria Evora : les tournées qui s'organisent ici et là, la variété et la richesse de la production prouvent l'intérêt
du public international pour un son jusque-là peu ou pas du tout connu.
Car c'est aussi l'une des particularités de la musique au Cap-Vert: les premiers enregistrements, si l'on exclue ceux d'émigrants américains dans les années 30, n'ont eu lieu qu'à partir des
années 50, avec les disques de Fernando Queja au Portugal.